Baker Tilly France affiche a annoncé une croissance de 5,8 % en 2025, le 10 février dernier, portée par une stratégie mêlant acquisitions et développement organique. Le groupe, table sur un chiffre d’affaires de 400 millions d’euros d’ici 2030, en misant sur l’intelligence artificielle, dans un marché du conseil en pleine consolidation.
Dans un marché du conseil en pleine mutation, Baker Tilly France accélère sa transformation digitale et mise sur l’intelligence artificielle pour renforcer son positionnement auprès des PME et ETI. Une ambition qui s’accompagne d’engagements en matière de responsabilité sociétale, mais qui devra composer avec un contexte économique et réglementaire incertain.
Une croissance tirée par le conseil, malgré un environnement complexe
Avec 219 millions d’euros de revenus en 2025 contre 207 millions en 2024, Baker Tilly en France affiche, selon ses propres déclarations, une progression de 5,8 %. Le groupe précise que cette croissance repose à 60 % sur une expansion organique et à 40 % sur des acquisitions ciblées.
L’entreprise évoque aussi un contexte « économique global complexe, marqué par des tensions sur les coûts et les enjeux de recrutement », sans pour autant détailler leur impact précis sur les marges. Néanmoins, le groupe a recruté 275 CDI sur l’exercice et prévoit entre 250 et 300 embauches en 2026.
L’activité Advisory est présentée comme le moteur de la croissance avec une hausse revendiquée de 20 %, sans que le communiqué ne précise le poids de cette activité dans le chiffre d’affaires total, ni les marges associées.
Un plan « Convergence 2030 » au prix d’une stratégie acquisitive
Le groupe affiche une ambition de doubler son chiffre d’affaires pour atteindre 400 millions d’euros d’ici à 2030, dans le cadre de son plan stratégique « Convergence 2030 ». Un objectif qui implique, au rythme actuel, un recours soutenu à la croissance externe, compte tenu de la part que représente déjà ce levier dans les résultats 2025.
Plusieurs rapprochements ont été réalisés ou annoncés sur l’exercice écoulé, notamment avec Booster Academy, Cofigex, Ledouble et LinkUp. Le groupe y voit une opportunité d’enrichir son « offre de valeur », selon ses termes, dans un marché qui se consolide.
À noter que Baker Tilly en France est l’unique représentant français du réseau mondial Baker Tilly International, qui revendique 6,8 milliards de dollars de chiffre d’affaires cumulé («hausse de 21,3 %» selon le communiqué), avec 50 400 collaborateurs et 754 bureaux dans 147 pays. L’appartenance à ce réseau est présentée comme un atout pour le déploiement international des clients, même si Baker Tilly International ne publie pas de comptes consolidés au sens strict.
L’IA et la data comme leviers stratégiques
Parmi les axes prioritaires de 2026, Baker Tilly en France place l’intelligence artificielle au centre de sa transformation.
Selon le communiqué, le groupe prévoit le recrutement d’un responsable IA , le déploiement d’une plateforme IA pour sécuriser et industrialiser certains processus métiers , ainsi que l’exploitation de la donnée à des fins de conseil prédictif. « Avec l’automatisation de certaines tâches par l’IA, notre force viendra de la valeur que nous saurons créer au bénéfice de nos clients », a déclaré Samuel Ronflé, président du groupe.
Reste que la mise en œuvre effective de ces projets digitaux reste à vérifier dans le temps. En effet, le secteur du conseil fait face, comme d’autres, à un décalage fréquent entre les annonces en matière d’IA et la concrétisation opérationnelle des gains de productivité.
Responsabilité sociétale : entre engagements et contraintes réglementaires
Baker Tilly France affirme concilier performance économique et développement responsable. En 2025, le groupe indique avoir doublé le budget de sa Fondation (100 000 €) et développé une plateforme de mécénat de compétences. Il a également consolidé ses dispositifs RH « Be Care » et ses actions en faveur de la mobilité durable.
Pour 2026, les objectifs incluent, une réduction de 30 % des émissions de CO₂ d’ici 2030, la poursuite de la méthode de « Triple Comptabilité » qui intègre les externalités sociales et environnementales dans les bilans d’entreprises, via sa filiale Goodwill-management. L’entreprise compte aussi renforcer sa stratégie RSE, avec le renouvellement de la labellisation LUCIE.
Ces engagements répondent à une logique de positionnement commercial dans un contexte où les PME et ETI, cibles prioritaires du groupe, font face à des obligations de reporting extra-financier croissantes. Cependant, certains projets ont été ralentis par des contraintes réglementaires, comme la loi européenne Omnibus qui a revu à la baisse les obligations de durabilité des entreprises.
Le groupe devra donc naviguer entre innovation, conformité et attentes des parties prenantes pour maintenir sa trajectoire.
Samorya Wilson
