Le 155ème baromètre Grant Thornton, publié ce 16 avril 2026, révèle une chute brutale de la confiance des patrons de PME et ETI. Il révèle qu’en un mois, l’optimisme pour l’économie mondiale atteint un niveau inédit depuis la pandémie, tandis que les perspectives d’emploi et de croissance se dégradent brutalement.
Entre tensions géopolitiques au Moyen-Orient et incertitudes économiques, les dirigeants délaissent l'optimisme pour une stratégie de prudence généralisée, selon le dernier baromètre Grant Thornton, réalisé en partenariat avec OpinionWay et le magazine Challenges. Le cabinet d’audit et de conseil qui accompagne plus de 2 800 entreprises en France en s’appuyant sur un réseau international de 79 000 experts, met ainsi en lumière un pessimisme marqué à l'échelle macroéconomique.
L’étude, menée du 18 mars au 2 avril 2026 auprès de 220 dirigeants d’entreprises (chiffre d’affaires supérieur à 20 millions d’euros), montre que les dirigeants ne subissent plus une simple conjoncture difficile, mais une crise structurelle. « Mars nous alertait. Avril le confirme : les dirigeants d’ETI et de PME ne font plus face à un choc conjoncturel, mais à une recomposition profonde des équilibres économiques mondiaux », a commenté Adam Nicol, président de Grant Thornton France.
Un effondrement historique de la confiance
Seulement 22 % des décideurs se déclarent optimistes quant à l’évolution de l’économie française, un niveau jamais atteint depuis la crise sanitaire. La confiance dans l’économie mondiale s’écroule à 18 % (–13 points par rapport à mars), un record bas depuis 2020.
Tous les secteurs sont touchés : 80 % des dirigeants de l’industrie et de la construction, 82 % du commerce et 70 % des services expriment leur inquiétude.
L’étude, réalisée par OpinionWay avec un redressement sectoriel et par taille salariale, souligne que les dirigeants sont désormais en mode survie. "La prudence s’est installée dans les stratégies, l’emploi marque le pas, les arbitrages s’imposent", précise Adam Nicol.
L’emploi en stand-by, la croissance en berne
Pour la première fois depuis fin 2025, les intentions d’embauche s’effondrent : seuls 11 % des dirigeants prévoient d’augmenter leurs effectifs (–5 points), tandis que 10 % envisagent des réductions (+1 point). Le solde d’emploi, à peine positif (+1 point), reflète une stabilité précaire.
Côté croissance, le scénario se noircit : 39 % des dirigeants anticipent encore une progression (contre 55 % en février), tandis que 50 % misent sur une stagnation (+14 points). Les perspectives de déclin (11 %) progressent également, signe d’un pessimisme croissant.
Le Moyen-Orient, nouveau spectre de l'incertitude
61 % des dirigeants placent les enjeux géopolitiques en tête de leurs préoccupations (+19 % vs février), devant les débats budgétaires ou les élections locales. Le conflit au Moyen-Orient, combiné à la flambée des coûts énergétiques, impacte directement 64 % des entreprises, dont un quart de manière "certaine".
Les conséquences immédiates de la crise se traduisent par :
- 59 % anticipent des hausses de prix (dont 52 % liées aux coûts énergétiques).
- 53 % révisent leurs chaînes d’approvisionnement, entre réduction (22 %) et diversification (31 %) des fournisseurs.
- 49 % ajustent leurs projets énergétiques, partagés entre ralentissement (21 %) et accélération (28 %).
Un recentrage stratégique forcé
L’étude souligne que face à l’urgence, les entreprises reportent des sujets comme la cybersécurité ou la réglementation en se concentrant désormais sur leur survie à court terme. Les auteurs insistent sur le fait que « dans un environnement où les risques logistiques se multiplient, les dirigeants doivent arbitrer entre résilience et adaptation ». Ils indiquent que leur priorité est de limiter les vulnérabilités sans sacrifier leur compétitivité.
Au final, « c’est dans ces moments que l’accompagnement d'un expert fait la différence », revendique Adam Nicol.
Samorya Wilson
