Congrès IFEC 2020 : une profession comptable fière de son travail après la crise mais « sur les genoux »

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Le Congrès virtuel de l’IFEC 2020 s’est terminé par une conférence de clôture faisant le point sur la période que vient de vivre la profession. Si le sentiment de fierté et de satisfaction du travail accompli pendant la crise est partagé, subsiste une grande fatigue.

Cette conférence de clôture, animée par Christophe Priem, Président de l’IFEC, réunissait Adrien Decoster, Président de l'ANECS, Paul-Emmanuel Jeulin, expert-comptable, Virginie Vellut, candidate à la Présidence du CSOEC et Yannick Ollivier, candidat à la Présidence de la CNCC.

Adrien Decoster fait d’emblée sentir son soulagement vis-à-vis de la crise que nous venons de traverser. « C’était une période intense mais heureusement terminée » commente-t-il. Période qui ressemblait pour lui à un baptême du feu : « On a vraiment l’impression d’être passé de comptable à expert-comptable. »

Plus généralement, sur le plateau, les invités sont tous d’accord sur deux points : la profession a fait un travail formidable pendant la crise, mais elle est aussi soulagée qu’elle soit terminée tant elle était épuisante.

Côté positif donc, Paul-Emmanuel Jeulin estime que cela a été « une période révélatrice de la profession ». Le travail produit par les experts-comptables pendant la crise a été unanimement salué par leurs clients – les entreprises – ce qui est sans doute la plus belle satisfaction possible pour la profession. Yannick Ollivier abonde dans le même sens et indique que « l’entraide a été immense. Beaucoup d'énergie a été dépensée pendant cette période ».

Virginie Vellut estime que la crédibilité de la profession s’en est trouvée renforcée. Elle ajoute que cela a été un « bond à marche forcée » en matière de transformation numérique : même les plus réfractaires ont dû s’y résoudre et ont pris conscience de toute l’utilité des nouveaux outils et logiciels disponibles.

Enfin, bien entendu, une période aussi mouvementée ne pouvait que s’accompagner de son lot de problèmes et d’encombres. Les cabinets ont dû faire face tout d’abord à un certain nombre de problèmes techniques ou pratiques, notamment au début du confinement où la désorganisation était générale. Management des équipes, gestion des problèmes informatiques, adaptation au nouveau contexte et décryptage des nouvelles règles...

De ce fait, les intervenants partagent tous un sentiment de grande fatigue et de satisfaction vis-à-vis du fait que la crise soit terminée. Ce qui n’est pas sans soulever des problèmes de santé au travail et de management, comme le fait remarquer Adrien Decoster qui évoque la question des heures supplémentaires non rémunérées et du burnout.

Sur ce sujet, Virginie Vellut se veut claire : il peut y avoir des problèmes de management dans certains cabinets. Elle estime que les experts-comptables doivent absolument prendre en compte la santé de leurs collaborateurs. Cela fait partie de la vision qu’ils ont de leur cabinet, de leur façon de travailler et c’est aussi une question de responsabilité sociale. Quant au burnout, elle indique que c'est « un vrai sujet » et que, même si des rapports ont déjà été rédigés sur la question, la profession devra sans doute s’y intéresser à nouveau.

Cette conférence de clôture présente finalement un bilan doux-amer pour la profession à la suite de la période exceptionnelle que nous venons de vivre. Mais nous sommes convaincus que la profession saura s'en relever et en tirer tous les enseignements nécessaires !

Raphaël Lichten

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