Yves Pascault, Président du CJEC : « Le CJEC est un incontournable pour l’expert-comptable qui lance son activité »

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yves-pascault-cjec-expert-comptableNous avons rencontré le Président du CJEC Yves Pascault qui a accepté de répondre aux questions du Monde du Chiffre. L’occasion de présenter le CJEC, ce Club dédié à la nouvelle génération des auditeurs et experts-comptables. Yves Pascault nous livre également son point de vue privilégié sur le problème de l’attractivité des métiers du chiffre auprès des jeunes.

Pouvez-vous nous présenter le CJEC ?

Il s’agit du Club des Jeunes Experts-comptables et Commissaires aux comptes. Le dernier C de CJEC correspond bien à « Commissaires aux comptes » et nous y tenons.

Le Club compte 1 400 adhérents et remplit trois missions : aider, représenter, informer. Il se situe dans le prolongement de l’ANECS qui propose un accompagnement à l’obtention du diplôme d’expertise comptable.

Le CJEC s’adresse :

  • aux jeunes experts-comptables et commissaires aux comptes en phase d’installation ou de développement, c’est-à-dire toute personne inscrite à l’Ordre ou à la Compagnie depuis moins de cinq ans, par création ex nihilo, en solo ou en association, par rachat de cabinet ou de clientèle ou par association avec des aînés avec ou sans objectif de cession ;
  • aux mémorialistes, cible commune avec l’ANECS, qui préparent leur diplôme mais pensent déjà à l’installation ;
  • et aux salariés en cabinet ou en entreprise, en réflexion sur une future installation.

En pratique, nous informons sur l’ensemble des problématiques liées à l’installation et au démarrage du jeune cabinet. Nous négocions également des réductions sur un certain nombre de produits : financement, assurances, logiciels, documentation, juridique, bureautique… Nous essayons d’apporter tout ce dont a besoin le jeune expert-comptable ou commissaire aux comptes pour s’installer.

Nous proposons également à notre cible des outils pratiques tels que des séminaires sur l’installation, la communication, la vente, la facturation… Mais aussi des guides, par exemple sur l’inscription à l’Ordre ou à la Compagnie, qui peut s’avérer chronophage à défaut d'avoir les bonnes informations. D’autre part, nous organisons dans les régions de nombreuses réunions d’information, environ 350 chaque année.

Les adhérents peuvent aussi bénéficier d’opérations d’apport de business afin de les aider dans leur développement, via des consultations auprès de créateurs d’entreprise notamment. Nous proposons en outre une plateforme de mise en relation confraternelle, la Bourse de compétences, qui permet à des confrères de déposer des offres d’assistance sur mission, de rachat, d’association, de partage de locaux… à destination des adhérents qui, eux, peuvent y créer leur profil et être contactés en direct.

Mais avant tout, le CJEC est un réseau, du relationnel, un maillage de compétences qui se tisse tout au long des réflexions que nous pouvons avoir ensemble au sein de nos réunions. La réflexion collective est ainsi source de solutions personnelles, ce qui est un peu la devise du Club.

En tant que Président du CJEC, quel regard portez-vous sur cette association ?

C’est une association dynamique qui est présente partout en France, avec des valeurs collectives et qui est très professionnelle. Nous représentons la jeune génération et avant tout, je pense que c’est une expérience humaine très enrichissante.

Pour moi, le CJEC est un incontournable pour l’expert-comptable qui lance son activité. Celui qui souhaite exceller, disposer de toutes les clés de la réussite, doit venir au Club. A défaut, il s’agit presque d’une faute professionnelle...

Quels sont les projets à venir du CJEC ?

La mandature que je préside depuis le 1er octobre 2016 a été baptisée AVANTI. Chaque lettre correspond à un axe d’action.

Le A renvoie à attractivité. Nous souhaitons avoir le plus d’adhérents possible et communiquer fortement sur les valeurs et l’attrait pour les jeunes. Au cours de cette première année, nous avons eu + 20 % d’adhésion, c’est une belle réussite.

Le V signifie visibilité. Il s’agit de conférer davantage de visibilité au Club. A cet égard, nous avons notamment remporté un trophée MarCom pour les Estivales 2017.

Le second A correspond à audit. Sur cette question, le projet à venir qui sera mis en place en 2018 est le Mentoring Audit. Il s’agit d’un outil créé par le CJEC et porté aujourd’hui par nos instances nationales et régionales, CNCC et CRCC. L’idée derrière est de trouver un mentor dans chaque région qui viendrait aider un jeune auditeur lançant son activité. Le jeune pourra ainsi se faire accompagner par un aîné, un professionnel de l’audit plus expérimenté.

Le N renvoie à numérique. Dans les temps actuels, le CJEC se devait de travailler sur cet axe. Nous sommes en train de réfléchir sur un guide portant sur l’organisation du cabinet numérique. Nous avons également mis en place les Hubs du CJEC qui visent à apporter, sous forme de webinaires notamment, à nos adhérents partout en France des présentations des nouveaux outils présents sur le marché.

Le T signifie territorialité, pour être au plus proche de nos sections et de nos adhérents. Enfin, le I évoque l’international et l’interprofessionalité. Cette dernière est un enjeu fort du Club. Nous y croyons énormément et un chargé de mission travaille sur ce sujet.

La profession comptable souffre d’un déficit d’attractivité auprès des jeunes. Quel est votre point de vue à ce sujet ? Y a-t-il des axes d’amélioration proposés par le CJEC ?

Malheureusement, il y a bien un problème d’attractivité. Mais c’est très difficile pour quelqu’un comme moi, passionné par son métier, de voir que la profession n’est pas attractive. Car aujourd’hui, nous avons tout pour l’être. Nous avons tout pour attirer les nouveaux talents.

Actuellement, pour un collaborateur comptable ou auditeur, c’est un véritable bonheur car toutes les tâches rébarbatives sont en train de plus en plus d’être automatisées. Il ne reste dans nos métiers – qui ne vont pas mourir, loin de là – que le plus intéressant ! Sauf que malheureusement nous ne savons pas le vendre. Il faut changer l’image un peu désuète de l’expert-comptable qui est complètement erronée. C’est un métier très diversifié et au contact des personnes.

S’agissant des axes d’amélioration, le CJEC est aux côtés de nos instances et nous leur apportons notre regard. Nous sommes de plus en plus écoutés par l’Ordre et la Compagnie.

En tant que professionnels, nous devons mieux communiquer sur nos métiers, sur notre activité au quotidien, notamment auprès des chefs d’entreprise. Nous ne devons plus apparaître comme de simples gestionnaires. La plus-value de l’expert-comptable est dans le conseil. Pour les jeunes, la perspective de faire du conseil est plus attractive que celle de faire de la comptabilité. Mais encore faut-il que la formation suive derrière...

Propos recueillis par Hugues Robert

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