Nicolas Yakoubowitch, Expert-comptable

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Nicolas Yakoubowitch, Expert-comptableInterview de Nicolas Yakoubowitch, Expert-comptable.

Pour les entreprises, est-il aujourd’hui plus difficile de se financer qu’avant la crise financière ?

Les statistiques de la Banque de France montrent que l’encours des crédits accordés aux entreprises est en baisse. Si les banques prêtent moins, ce n’est pas par aversion au risque, mais à cause des nouvelles contraintes réglementaires (Bâle 3). Avant la crise, le taux crédit/ apport pouvait atteindre 9, aujourd’hui, il dépasse rarement 2, voire 1. Cette raréfaction des crédits est globalement préjudiciable, mais les taux pratiqués sont (encore) assez faibles, tout comme le taux de défaut. En fait, on assiste à l’apparition d’un nouveau modèle de financement des entreprises, dans lequel le crédit est un produit d’appel, utilisé par les banques pour capter les flux de trésorerie.

Quel est votre périmètre d’action, en tant qu’expert-comptable, dans l’aide au financement de vos clients TPE et PME ?

Notre rôle, c’est d’être un facilitateur d’obtention de financement ou de crédit, un pivot central de relation entre la banque et l’entreprise.
Nous y parvenons en contribuant à l’élaboration du projet de l’entreprise : chiffrage des différentes hypothèses, mise en forme et en valeurs du budget prévisionnel et du business plan, et très concrètement décomposition des heures de travail et des coûts… Cette démarche analytique rigoureuse permet au financeur potentiel d’avoir confiance dans le projet. Notre accompagnement peut se prolonger au-delà du business plan, en mettant le chef d’entreprise en contact avec notre réseau de financeurs.

Dans quels types de financement êtes-vous le plus utile ?

Trésorerie, investissement, cession… nous sommes utiles « à tous les étages » du financement. Mais, bien évidemment, notre métier nous demande de toujours garder un oeil sur la trésorerie de l’entreprise. 
Celle-ci constitue le coeur de notre relation avec nos clients.
Notre qualité de conseil doit être irréprochable.

Quels sont les écueils que vous rencontrez dans l’aide au financement des entreprises ?

Sur ce terrain, nos compétences sont reconnues, et nous n’avons pas de concurrence directe. En fait, notre principal écueil, c’est le client lui-même, en particulier sa perception de notre travail. Aujourd’hui, le client pense que le conseil fait partie du prix. Le jour où l’on facture un business plan, il est surpris. Le message n’est pas simple à faire passer.

Quels sont les bénéfices de ces activités pour votre cabinet ?

Au-delà de la facturation, l’enjeu principal est de faire son métier correctement et de répondre aux attentes de nos clients. Accompagner un chef d’entreprise dans sa recherche de financement permet de développer avec lui des relations professionnelles de qualité.

Le rôle des experts-comptables en matière d’aide au financement est-il assez développé ?

En pratique, nous devrions nous investir encore plus dans ce domaine.
Le marché de demande, sur lequel reposait notre business model traditionnel, se transforme aujourd’hui en un marché d’offres. Il devient nécessaire de dépasser le package administration/comptabilité/social pour proposer à nos clients une offre élargie.
Répondre à de nouvelles demandes constitue un énorme enjeu pour notre profession. Le futur rôle de l’expert-comptable sera sans doute de rechercher des opportunités pour les entreprises. Cela deviendra le principal axe de développement de notre clientèle.

A propos

francilien84Cet article provient du numéro 84 du Francilien, la revue des experts-comptables région Paris Ile-de-France  qui comprend notamment un dossier sur l'hôtellerie et un dossier sur le financement ainsi qu'un entretien avec Luc Ferry.

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