L’être humain, clef de voûte du département comptable… robotisé !

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Une tribune de Lucie Bordelais, Responsable développement chez BlackLine France.

Quelles sont vraiment les conséquences de la robotisation des processus et des départements comptables, pour les personnes qui y travaillent ? Les robots et les hommes ne peuvent-ils pas cohabiter afin d’optimiser leurs performances ? À quoi pourrait bien ressembler le département comptable robotisé ? Si nul ne le sait encore avec certitude, il est toutefois déjà possible de se l’imaginer, et d’évaluer l’importance qu’y conserverait l’humain.

Ce qui était encore un fantasme hier est aujourd’hui une réalité : les robots sont parmi nous. Dans le monde de l’entreprise — notamment dans les départements comptables —, leur avènement peut effrayer. Et pour cause, depuis qu’on en entend parler, c’est le pire qui est annoncé : jusqu’au remplacement définitif de l’être humain à leur profit. Mais tandis que leur « soulèvement » ne fait encore que commencer, qu’en est-il vraiment ?

L’humain au cœur de toute performance

Dans les départements comptables entièrement robotisés, l’intervention d’êtres humains demeure indispensable en vue d’atteindre des performances optimales. Tâchons de voir dans quels rôles exactement, et avec quelles responsabilités.

L’expert technique 

La transition des entreprises vers un département comptable robotisé va demander énormément de travail en amont. Les connexions inter-programmes ainsi que les paramètres enregistrés dans les différents logiciels devront sans cesse être surveillés et actualisés. Une responsabilité de taille, donc, pour un professionnel dont la maîtrise des outils informatiques tout autant que la vigilance devront être sans faille. Attention cependant, il ne s’agit pas uniquement d’une fonction technique : la personne chargée d’occuper ce rôle devra connaître les entités de l’entreprise, la structure des comptes ainsi que les différents processus comptables sur le bout des doigts. Elle sera notamment amenée à s’impliquer dans la création de listes de contrôle des tâches accomplies.

L’opérateur de transition

Le paramétrage de certains processus tels que la ventilation des coûts ou l’amortissement exige l’implication d’un professionnel de la fonction comptable. Ses responsabilités principales seront la surveillance de points stratégiques pour l’entreprise tels que la variation du solde ou d’autres seuils cruciaux pour son activité, et la détection de profils à risque nécessitant un examen approfondi. L’opérateur de transition supervisera les différentes règles de traitement afin d’optimiser le fonctionnement des robots-logiciels, résolvant les écarts qu’ils ne pourraient détecter seuls et pilotant les équipes chargées des rectifications, régularisations et justifications.

Le conseiller financier

Tandis que le reporting et l’analyse continueront à prendre de plus en plus d’importance, le conseiller financier sera chargé de la réalisation et de l’examen des multiples rapports demandés par l’entreprise. À cette fin et en vue d’aider ces professionnels à réaliser au mieux leur mission, il est primordial de leur donner accès à la plus grande quantité possible de données en temps réel, pour leur permettre d’anticiper au mieux les diverses évolutions à prévoir.

Le dépisteur de fraudes

Indispensable pour établir les règles de surveillance, superviser les contrôles et traiter les problématiques ou irrégularités potentielles identifiées par les algorithmes, le dépisteur de fraudes est un pion essentiel du département financier robotisé. Sorte de détective privé des opérations financières liées à l’entreprise, son rôle exige plus de recul quant aux activités de celle-ci. Pour être performant, il lui faudra faire preuve d’une compréhension innée de la psychologie de l’être humain et de ses motivations potentielles.

L’expert en conformité

Tout comme le dépistage de la fraude, le respect de la conformité aux multiples législations en vigueur est un enjeu existentiel pour la survie de l’entreprise, qui plus est lorsque celle-ci exerce ses activités à l’international. La surveillance et le contrôle y font également figure de préoccupations prépondérantes. L’expert en conformité devra posséder un sens aigu de la structure et de la vérification, être méticuleux et apprécier… cocher les cases d’une liste de contrôle !

L’auditeur

Dans le département comptable robotisé, bien que les choses soient simplifiées et rationalisées, une vérification externe demeure nécessaire afin de s’assurer que les standards sont correctement respectés et que les comptes sont tenus de façon adéquate, selon les protocoles en vigueur. L’auditeur pourra désormais se concentrer sur l’analyse des décisions importantes prises par l’entreprise et sur leurs effets directs, en ayant moins à se soucier de leur exécution et de leur traitement, désormais charges des robots. C’est à lui qu’il reviendra de détecter les irrégularités potentielles ne relevant pas d’une intervention humaine.

Un outil efficient… entre les mains d’êtres humains !

Favorisée par l’automatisation des processus, l’éclosion du département comptable du futur est en marche. Les charges de travail les plus importantes y seront confiées à des robots, et l’on devrait y voir de moins en moins d’irrégularités au fur et à mesure que l’apprentissage des machines grâce aux nouvelles technologies — et notamment l’intelligence artificielle — poursuivra son évolution, et que les robots traiteront de plus en plus d’exceptions tout seuls.

Les êtres humains, affranchis de leurs tâches les plus chronophages, économiseront un temps considérable qu’ils pourront consacrer à des missions à plus forte valeur ajoutée pour leurs entreprises. De plus, l’accès à des multitudes de données en temps réel, également facilité par l’évolution de la technologie, aura tendance à favoriser leur prise de décision et donc, la performance de leur entreprise.

Ce n’est plus juste un fantasme : nous naviguons à toute vitesse vers une fonction comptable où l’humain sera chargé de traiter et d’utiliser des informations, et non plus principalement de les encoder. Cela lui laissera toute la latitude nécessaire pour exprimer pleinement son potentiel.

Force est de constater que l’homme demeurera indispensable dans le département comptable de demain. Ce dernier ne pourra être un outil efficient pour l’entreprise qu’à condition d’être bien dirigé. Qu’à condition que l’homme le dirige.

Lucie Bordelais, Responsable développement, BlackLine France

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